Mimi ... President !
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Le saut d'obstacles français se restructure, avec un circuit mieux doté et une nouvelle épreuve
A cheval, l'argent ne fait pas le succès, mais il y contribue. Notamment quand il s'agit d'acheter (ou de garder) des montures de qualité internationale, qui valent plusieurs millions d'euros. Acculée par l'absence répétée de résultats en saut d'obstacles, la Fédération française d'équitation (FFE) a annoncé, vendredi 15 juin, lors du Jumping Jaeger-LeCoultre de Cannes, l'injection massive de fonds dans cette discipline aux ambitions olympiques. Près de 2 millions d'euros pourront être empochés en 2008 sur le circuit hexagonal par les meilleurs couples de chevaux et cavaliers.
Doter les cavaliers français de ressources financières plus importantes est donc une priorité pour les institutions, qui viennent de signer leur nouvelle convention d'objectifs avec le ministère des sports. Première étape : structurer les compétitions pour attirer les meilleurs couples et faire progresser cavaliers et chevaux français.
Un nouveau circuit, le Grand National du CSO, dont le modèle financier est inspiré de la formule 1, sera couru par équipes de deux cavaliers sur dix échéances dotées, pour chaque Grand Prix, de 35 000 euros. Un classement final récompensera la meilleure écurie du circuit à hauteur de 100 000 euros. Parallèlement, une épreuve spéciale, dite "des six barres", sera créée et dotée par la FFE à hauteur de 20 000 euros. Cette épreuve trouvera sa place dans le cadre du circuit international en France lors de chacun des six concours internationaux cinq étoiles qui se courent à La Baule, Paris, Lyon, Deauville, Cannes, et peut-être à Chantilly.
SÉDUIRE LES TÉLÉVISIONS
D'un format spectaculaire - le cheval doit sauter de plus en plus haut -, l'épreuve des 6 barres est censée séduire les télévisions et les sponsors, qui boudent depuis plusieurs années la discipline. La FFE va d'ailleurs produire et financer des images qu'elle proposera gratuitement "notamment (à) France 3 et d'autres chaînes nationales", dit François Bourey, le président de la commission marketing de la FFE.
De son côté, et toujours dans l'objectif de constituer les plus beaux plateaux de compétiteurs, l'homme d'affaires libanais Iskandar Safa - propriétaire des chantiers navals de Cherbourg et passionné de chevaux -, a annoncé qu'il organisera en juin 2008 dans son domaine de 700 hectares de Mandelieu-la-Napoule (Alpes-Maritimes), "le derby le mieux doté au monde", selon Eric Giardini, le directeur de son domaine.
Si la dotation est encore officiellement tenue secrète, le couple vainqueur pourrait gagner quelque 100 000 euros, contre 54 000 euros à l'actuel vainqueur du derby d'Hickstead (Grande-Bretagne), le plus doté à ce jour. De quoi faire rêver Eric Navet, Michel Robert, Michel Hécart ou Eugénie Angot... A la condition qu'ils aient les montures capables d'y prendre part.
Contrairement aux Allemands, Belges et Suisses, qui ont des écuries bien fournies, les cavaliers français se retrouvent souvent à pied dès que leur unique cheval a un pépin de santé : c'est le cas d'Eric Navet, privé de Dollar du Mûrier depuis un accident aux Jeux olympiques d'Athènes, ou d'Eugénie Angot, empêchée, après la tendinite de sa jument Cigale du Taillis, de courir la coupe du monde de Las Vegas (Etats-Unis). Et c'est pour économiser son petit champion, Itot du château, que Michel Hécart n'ira pas à Rotterdam (Pays-Bas), le 20 juin.
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